Épine calcanéenne. Aponévrosite plantaire

Vous avez mal au talon, parfois jusqu’à vous demander comment vous allez faire pour poser le pied par terre le matin au moment du réveil… Et cela ne s’arrange pas avec le temps.
Vient, alors, le jour où vous consultez et bien souvent l’examen clinique du praticien se limite à peu de choses… il écoute, certes un peu, et « regarde » votre pied.
Souvent (pour ne pas dire très souvent), la consultation se termine par la prescription d’une radio. Que vous faites bien volontiers !
Ensuite vient le moment d’obtenir le rapport du radiologue et, souvent, vous entendez que vous avez « une épine calcanéenne ».

Épine calcanéenne ?
De quoi s’agit-il ? Comment l’imaginez-vous (si on ne vous l’a pas montrée) ? Cela « devrait » faire mal si cela ressemble à ceci (image ci-dessous)

Anatomiquement, s’agit-il de ceci ? (qui devrait faire mal)

Ou de ceci ? (qui devrait faire mal)

Eh bien non, il s’agit de ceci ! Et qui ne « pique » pas…

Qu’en est-il de cette fameuse épine qui ne pique pas ? L’épine de Lenoir est une trouvaille radiologique. Elle se situe à l’origine de l’insertion des courts fléchisseurs des orteils. Elle est observable chez 50 % des cas de fasciite plantaire et chez 15 % de la population asymptomatique. Elle n’entraîne pas de douleur en soi et il n’y a pas de lien précis entre l’épine et la fasciite (aponévrosite plantaire).

S’il n’y a pas de lien entre l’épine et la fasciite (ou aponévrosite plantaire), qu’est-ce qu’une fasciite et comment la soigner ?
La cause la plus commune de talalgie (douleur au talon) est une inflammation de l’aponévrose plantaire du pied. Elle atteint 10 % de la population et sa cause demeure malheureusement inconnue dans 85 % des cas. Elle atteint principalement les hommes de 40 à 70 ans ainsi que les athlètes, en particulier les joggers.

D’abord, qu’est-ce que le fascia plantaire ? Cette structure fibreuse a comme origine le calcanéum et s’insère au niveau des phalanges des orteils ainsi qu’aux sésamoïdes. Ce fascia contribue au soutien statique de l’arche plantaire et à son maintien lors de l’extension passive des orteils pendant la marche.
Son origine est sujette à un stress en tension lors de la mise en charge.

Histoire classique
Ce monsieur de 50 ans a repris le jogging dans le but de perdre du poids. Son programme se déroulait bien jusqu’à l’apparition insidieuse d’une douleur plantaire droite qui le limite maintenant à ne faire que la moitié de son parcours habituel. Curieusement, il ressent cette même douleur lors des premiers pas au lever le matin. Heureusement, il est soulagé très rapidement lorsqu’il s’assoit.
À l’examen physique, on met en évidence une douleur bien localisée à la palpation de la plante du pied, principalement près du calcanéum en interne. Les symptômes s’accentuent lors de l’extension des orteils et de la dorsiflexion du pied, qui est d’ailleurs limitée à 0°.

Ce qu’il faut comprendre
Le fascia plantaire n’est que l’une des structures qui amortissent des contraintes lors de l’appui du pied.

Ce fascia travaille, en réalité, en collaboration avec : les articulations du pied (+leurs capsules et leurs ligaments), les muscles (surtout profonds), la graisse et la peau (pour faire simple).
Ainsi, lorsque l’une de ces structures est fragilisée, le fascia plantaire peut se trouver surmené (ex. : pied « mou » de nature + prise de poids). L’absorption des contraintes se fait aussi par le tendon d’Achille et le mollet (voir exercices en exentriques du tendon d’Achille pour en améliorer la fonction).

Ainsi, pour soulager la fasciite, il faudra :
Diminuer le stress sur l’insertion du fascia
– Repos des activités causant la douleur (ex. : rester longtemps debout)
– Chaussures de sport de qualité
+
Identifier les causes de surcharge de cette aponévrose :
– faiblesse des muscles profonds du pied
– faiblesse du mollet et du tendon d’Achille (voir ci-dessous)
– pied trop souple

Exemple : pied trop mou = port d’une chaussure à semelle rigide pour diminuer l’écartement de l’arrière-pied par rapport à l’avant-pied lors du déroulement du pas + renforcement des muscles profonds du pied.

Travail en excentrique du mollet (tendon d’Achille) aide beaucoup.

+ Anti-inflammatoire non stéroïdien : doses régulières.

Et si nécessaire, ensuite :
Infiltration de corticostéroïdes : 40 mg de méthylprednisolone avec 5 cc de xylocaïne 2 % (dépomédrol) sans épinéphrine à l’insertion du fascia plantaire sur la tubérosité médiale du calcanéum sous échographie. Attendre quelques mois avant d’entreprendre les infiltrations.

Essayer tous les traitements simultanément avec persévérance et patience. De 6 à 10 mois peuvent être nécessaires pour obtenir une résolution des symptômes.

La chirurgie
Le traitement chirurgical de la fasciite plantaire ne donne pas un résultat très satisfaisant.

À retenir…
Lorsque le tableau clinique est classique, aucun examen paraclinique n’est nécessaire (sauf l’échographie à cause des fasciites particulières)
Il faut toujours se rappeler qu’une seule modalité du traitement conservateur est peu efficace. Il faut plutôt combiner le repos, les étirements et le contrôle de la douleur.
Une infiltration peut alors être utile. La disparition immédiate de la douleur avec la xylocaïne est également un test diagnostique.

Quels sont les traitements ?
Utilisés de manière isolée, les traitements ont un faible taux de succès, mais en combinaison, ils permettent la résolution des symptômes chez 90 % des patients en 6 à 10 mois.

Plus de précisions : voir ICI

Vous pouvez m’interpeller, j’essaierai de répondre !

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