Aponévrosite plantaire. Fascite plantaire.

Il n’y a pas de lien entre une épine calcanéenne et la fasciite (ou aponévrosite plantaire)

Qu’est-ce qu’une aponévrosite – fasciite plantaire et comment la soigner ?
La cause la plus commune de talalgie (douleur au talon) est une inflammation de l’aponévrose plantaire du pied. Elle atteint 10 % de la population et sa cause demeure malheureusement inconnue dans 85 % des cas. Elle atteint principalement les hommes de 40 à 70 ans ainsi que les athlètes, en particulier les joggers.

D’abord, qu’est-ce que le fascia plantaire ? Cette structure fibreuse a comme origine le calcanéum et s’insère au niveau des phalanges des orteils ainsi qu’aux sésamoïdes. Ce fascia contribue au soutien statique de l’arche plantaire et à son maintien lors de l’extension passive des orteils pendant la marche.
Ce fascia est soumis à des contraintes mécaniques très importantes lors de la mise en charge.

Histoire classique
Ce monsieur de 50 ans a repris le jogging dans le but de perdre du poids. Son programme se déroulait bien jusqu’à l’apparition insidieuse d’une douleur plantaire droite qui le limite maintenant à ne faire que la moitié de son parcours habituel. Curieusement, il ressent cette même douleur lors des premiers pas au lever le matin. Heureusement, il est soulagé très rapidement lorsqu’il s’assoit.
À l’examen physique, on met en évidence une douleur bien localisée à la palpation de la plante du pied, principalement près du calcanéum en interne. Les symptômes s’accentuent lors de l’extension des orteils et de la dorsiflexion du pied, qui est d’ailleurs limitée à 0°.

Ce qu’il faut comprendre
Le fascia plantaire n’est que l’une des structures qui amortissent des contraintes lors de l’appui du pied.

Ce fascia travaille, en réalité, en collaboration avec :
-les articulations du pied (+leurs capsules et leurs ligaments)
-les muscles (surtout profonds) et le mollet (qui se termine par le tendon d’Achille)
-la graisse et la peau
Aussi, lorsque l’une de ces structures est fragilisée, le fascia plantaire peut se trouver surmené (ex. : pied « mou » de nature + prise de poids).

Important : l’absorption des contraintes se fait aussi par le tendon d’Achille et le mollet (voir exercices en exentriques du tendon d’Achille pour en améliorer la fonction).

Voici en images l’illustration de cette collaboration indispensable pour l’absorption des contraintes, ce qui permet de comprendre pourquoi l’aponévrose plantaire peut souffrir.

Ainsi, pour soulager la fasciite, il faudra :
Diminuer le stress mécanique sur l’insertion du fascia
– Repos des activités causant la douleur (ex. : rester longtemps debout)
– Chaussures de sport de qualité pour les sportifs, chaussures à semelle très rigide pour les autres
+
Identifier les causes de surcharge de cette aponévrose :
– faiblesse des muscles profonds du pied
– faiblesse du mollet et du tendon d’Achille (voir ci-dessous)
– pied trop souple

Exemple : pied trop mou = port d’une chaussure à semelle rigide pour diminuer l’écartement de l’arrière-pied par rapport à l’avant-pied lors du déroulement du pas + renforcement des muscles profonds du pied + renforcement exentrique du muscle du mollet.

Les muscles du mollet, le tendon d’Achille et l’aponévrose = une structure mécanique.

D’où l’obligation de renforcer le triceps puisque l’aponévrose n’est pas contractile.

Le travail en excentrique du mollet (tendon d’Achille) : voir vidéo ci-dessous.

+ Anti-inflammatoire non stéroïdien : doses régulières.

Et si nécessaire, ensuite :
Infiltration de corticostéroïdes : 40 mg de méthylprednisolone avec 5 cc de xylocaïne 2 % (dépomédrol) sans épinéphrine à l’insertion du fascia plantaire sur la tubérosité médiale du calcanéum sous échographie. Attendre quelques mois avant d’entreprendre les infiltrations.

Il faut toujours essayer tous les traitements simultanément avec persévérance et patience. De 6 à 10 mois peuvent être nécessaires pour obtenir une résolution des symptômes.

La chirurgie
Le traitement chirurgical de la fasciite plantaire ne donne pas un résultat très satisfaisant.

À retenir…
Lorsque le tableau clinique est classique, aucun examen paraclinique n’est nécessaire (sauf l’échographie à cause des fasciites particulières)
Il faut toujours se rappeler qu’une seule modalité du traitement conservateur est peu efficace. Il faut plutôt combiner le repos, les renforcements exentriques du mollet, le renforcement des muscles profonds du pied, les semelles rigides et le contrôle de la douleur (AINS).
Une infiltration peut alors être utile pour diminuer l’inflammation, MAIS après cette infiltration il faut continuer le traitement conservateur décrit ci-dessus (sous peine d’échec total). J’ai vu plusieurs patients, mal pris en charge, traîner une aponévrosite plantaire pendant plusieurs années, parfois au point de ne plus pouvoir marcher !!!

Vous pouvez m’interpeller, j’essaierai de répondre !

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