« La position assise » est un grand malheur moderne

Peter Opsvik

Et Peter Opsvik fut l’un des premiers à tirer la sonnette d’alarme et à tenter de trouver des moyens pour « survivre » à l’immobilité obligée par la position assise. Dessinateur industriel, il a toujours développé ses idées en laissant ses émotions féconder ses réflexions techniques à propos de l’ergonomie.

Quand l’émotion féconde la raison !
D’un point de vue purement ergonomique, les créations d’Opsvik ont pour objectif de bouger (ou de pouvoir se mettre en mouvement) malgré les contraintes modernes liées à la position assise. En cela, il est un designer de la position assise, mais il a très tôt également ressenti le besoin de créer, de se laisser aller à inventer tous azimuts pour, comme il le dit, « bouger les émotions ». Émouvoir et s’émouvoir afin de mieux inventer des sièges invitant au mouvement.

Peter Opsvik a tenté de dépasser nos habitudes de penser stéréotypées en imaginant des solutions très éloignées des critères presque « mathématiques » des « experts » qui, dès les années 70, voulaient imposer une (« la ») position assise « correcte ». Les inventions d’Opsvik sont, entre autres, le fruit d’une volonté : intégrer à l’invention de ses « sièges »les ingrédients essentiels de la nature profonde de l’homme. Ainsi, toutes ses créations suggèrent de varier notre position tout en utilisant la même « assise ».

Quand le soutien du corps de l’homme assis devient presque accessoire !
Peter Opsvik a osé questionner la notion communément partagée qu’il faudrait que le corps soit soutenu, car il savait que l’homme est naturellement outillé pour se soutenir lui-même et que la recherche du confort avait l’inconvénient grave que l’homme assis se confonde progressivement avec son siège. Il comprit, avant tous, que la sédentarité de l’homme moderne pouvait se transformer en une sorte de maladie de l’absence de mouvement : le sédentarisme.
Pour lui, l’essentiel fut toujours de trouver un compromis entre le soutien et la liberté de mouvement, de créer des « assises » qui invitent à bouger et des positions assises variées, dynamiques.

Quand on se souvient que l’homme est un bipède qui fait des projets !
Outre la variation, l’instabilité, le soutien, Opsvik a aussi intégré ce que beaucoup d’autres avaient négligé (et négligent encore). En effet, selon Opsvik, les pieds sont trop souvent ignorés par l’ergonomie alors que leur stimulation, même assis, prépare l’homme à se remettre en mouvement, à se mettre en marche, à partir à la recherche… Bref, à renouer avec nos origines les plus anciennes et, ainsi, tenter de sauver le nomade qui fit de nous ce que nous sommes devenus.

Les grands hominidés que nous sommes se distinguent des grands singes entre autres par le développement important de leurs structures antérieures du cerveau… En marche, en avant !
Nous sommes des êtres de projet, toujours en avant de nous… des êtres en devenir, « en marche vers »… Et il ne faudrait pas que les critères immuables de l’ergonomie mathématique (qui domine malheureusement encore trop souvent) immobilisent le corps et le cerveau de l’homme moderne alors que notre époque chaotique impose un saut qualitatif, une qualité d’inventivité qu’aucune autre époque de notre histoire ne connut.

Bref, l’immobilité « confortable » ne convient pas à l’homme. Surtout quand il « doit » rester longtemps assis (comme depuis seulement quelques dizaines d’années alors que les premiers représentants du genre Homo, apparus il y a environ 2,8 millions d’années, étaient essentiellement bipèdes et devinrent les fameux « chasseurs-cueilleurs » à qui nous devons tout.)

Peter Opsvik n’eut de cesse toute sa vie d’inventer des sièges pour sortir facilement de l’immobilité qu’imposent la plupart des normes conseillées par les « ergonomes »… pour retrouver notre mobilité physique et mentale (il est aujourd’hui prouvé que la position assise immobile ralentit notre activité cérébrale.)

De sedens à sedens
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Un arbre
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Globe concept

Capture d’écran 2019-06-14 à 12.56.49

En feuilletant le livre de Peter Opsvik
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« Arrête de gigoter sur ton siège ! »
Nous avons tous entendu cette phrase lorsque nous étions enfants. Cette remontrance s’est profondément enracinée en nous et nous avons bien du mal à nous en libérer. Mais si les découvertes du Dr Dieter Breithecker, expert du mouvement et ergonome, étaient mieux connues, nous n’aurions peut-être pas entendu cette réprimande aussi souvent. Retenez les leçons que nous donnent les enfants ! Ils nous encouragent à nous méfier des idées reçues qui font mal au dos!« La façon naturelle qu’ont les enfants de bouger, de sauter dans les flaques, de tripoter la terre, de grimper aux arbres ou de se trémousser dans les fauteuils a toujours un sens, qui est d’organiser le schéma qualitatif de leur développement corporel. Ainsi, la façon naturelle de s’asseoir d’un enfant devrait inspirer nos efforts pour structurer les conditions d’assise physiologique. Les adultes interprètent continuellement à tort le langage corporel des enfants » considère le docteur Dieter Breithecker, directeur de l’institut fédéral allemand pour le développement du mouvement et de la posture à Wiesbaden (Bundesarbeitsgemeinschaft für Haltungs- und Bewegungsförderung e V).« En fait, ce n’est qu’une question d’agitation tout à fait saine. Le mouvement est une nécessité absolue pour le développement harmonieux du corps et de l’esprit. Les adultes peuvent et doivent retenir cette leçon. Les personnes dont le travail est sédentaire alternent tension et relaxation de façon rythmique et régulière. C’est exactement ce que font les enfants lorsqu’ils gigotent dans leur fauteuil. Les activités corporelles naturelles sont cruciales pour améliorer le bien-être et augmenter la productivité.Le docteur Dieter Breithecker a mené des recherches très poussées sur la manière de s’asseoir, la santé et le bien-être. Il s’inquiète de ce que certains ergonomes pensent encore en termes anthropométriques, c’est à dire qu’ils définissent les relations entre la hauteur de l’assise, sa profondeur et la hauteur du dossier pour qu’elles correspondent à une sorte de dimension corporelle moyenne. Puis ils produisent des données à utiliser dans les fabriques de fauteuils.

« Les êtres humains ne sont pas des unités mesurables rigides et ne peuvent être simplement standardisés. C’est pourquoi absolument personne n’entre dans les fauteuils standardisés. Je considère l’être humain selon une vision holistique, mon approche est anthropologique. Nous avons besoin de solutions « ergodynamiques », de sièges adaptés à la nécessité de mouvement d’une personne et non l’inverse.

L’approche ergonomique doit placer l’être humain entier au centre, et pas seulement ses dimensions corporelles. Il ne suffit pas qu’un fauteuil permette aux articulations des hanches de bouger » insiste le docteur Dieter Breithecker qui appelle plutôt à créer des sièges flottants qui s’adaptent automatiquement aux mouvements naturels du corps.
« Je considère que les fauteuils de bureau aux mécanismes flottants sont bien supérieurs aux sièges dotés d’un simple mécanisme synchronisé, d’un point de vue anthropologique et ergonomique. Notamment pour les personnes qui travaillent huit heures par jour dans un bureau » assure-t-il.

La façon de s’asseoir peut être propre à chacun, mais il est important que tous puissent bouger librement. Le docteur Dieter Breithecker souligne que les changements de position assise autorisés et inspirés par un fauteuil de bureau avec mécanisme flottant, comme les mouvements prononcés du bassin et la dynamique robuste des pieds et des jambes, créent une circulation sanguine continue et un équilibre entre la relaxation et la tension des muscles.
« Une activité musculaire bien équilibrée stimule les récepteurs des articulations, des tendons et des muscles et envoie les messages correspondants au cerveau. Nous nous sentons ainsi mieux, nous avons plus de facilité à nous concentrer et notre capacité de travail est visiblement améliorée également. »
Lotta Jonson

Bref, plagiant Einstein, on ne résoudra jamais les troubles liés à la position assise par une « bonne » position assise, car c’est la position qui est le vrai problème.

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