Orthopédie -ostéopathie…

Dans « Les orthopédies », j’écrivais :

« Le chirurgien peut être orthopédiste… Le podologue place des semelles orthopédiques… Des magasins spécialisés vendent du matériel orthopédique… Des techniciens fabriquent des prothèses (des orthèses) orthopédiques… Les médecins généralistes sont consultés pour des problèmes orthopédiques… Des kinés se spécialisent en orthopédie… Qui fait quoi ? À qui s’adresser quand nous avons un problème orthopédique ? »

L’orthopédie est la branche de la médecine qui s’occupe des troubles musculo-squelettiques avec (ou sans) douleur.
Cela semble évident quand notre hanche fait de plus en plus mal et que nous pressentons qu’il faudra sans doute poser une prothèse (douleur + impotence).
Cela semble aussi évident si notre fille de 12 ans commence à se tenir mal et qu’elle semble même un peu bossue.

Mais l’univers inconscient véhiculé par le mot « orthopédie » n’incite guère la plupart d’entre nous à consulter un orthopédiste en cas de douleurs cervicales quotidiennes après 8 heures devant son ordinateur, en cas de torticolis ou de lumbago par exemple.

D’autant plus que l’orthopédie est dominée par les chirurgiens et que l’orthopédie générale (non-chirurgicale) intéresse peu les médecins-généralistes (à tort d’ailleurs quand on évalue les dégâts des douleurs chroniques).
D’après un article de Frédéric Soumois de 2009 [Le Soir], « la Work Foundation s’inquiétait de ce que les TMS [troubles musculo-squelettiques] coûtent 1,6 milliard d’euros par an… Pour réduire ce coût, une campagne devait être lancée entre « gouvernement, monde du travail et professionnels de la santé ». »
Plus grave : la Work Fondation reconnaissait que : « la grande majorité des patients ne reçoivent aucun diagnostic ». VOIR détails Ici

Ostéopathie.
Actuellement, les patients envisagent facilement de consulter un ostéopathe.
« Ostéopathie » sonne bien à leurs oreilles, « leur dit quelque chose » [Ostéo = os… Pathie = souffrance, empathie, sympathie]
De plus,
– d’une part les patients sentent [et croient] qu’ils ont un blocage vertébral [ou osseux] et les ostéopathes les « craquent » en leur disant qu’ils « remettent leurs os en place » et,
– d’autre part, les techniques ostéopathiques améliorent les patients… Parfois !
Mais, si les techniques ostéopathiques aident parfois, elles n’ont pas les pouvoirs qu’imaginait Andrew Taylor Still [qui pensait même avoir inventé une « Médecine » à part entière] et c’est la raison pour laquelle l’ostéopathie est progressivement abandonnée dans le pays où elle vit le jour. « Une étude faite en 1995 sur 1055 ostéopathes montre qu’ils utilisent la thérapie manuelle « seulement de temps en temps » et que « seulement 6,2 % d’entre eux ont employé la manipulation ostéopathique pour la moitié de leurs patients et presque un tiers l’a employé pour moins de 5 %. »

L’ostéopathie tend donc à disparaître aux États-Unis [seul pays où elle est légale].
Mais elle croît et embellit en Europe, malgré les réticences des scientifiques et ses piètres résultats objectifs.

Pourquoi ?

Je crois qu’on peut envisager deux pistes pour expliquer cette tendance :
– d’une part, l’orthopédie s’intéresse peu [et mal] aux douloureux qui ne seraient pas soulagés par une chirurgie [orthopédique].
– d’autre part, le mot « ostéopathie » véhicule des notions simples et qui correspondent à ce que les patients sentent [blocage osseux] alors que le mot « orthopédie » recouvre des univers très différents et assez opaques à la plupart des patients.

ORTHOPÉDIE : Les racines grecques ortho [droit] et pais, paidos [enfant] viennent de ce que l’orthopédie avait pour but, au départ, de redresser les jeunes filles tordues et d’appareiller les pieds bots, etc. ; une autre étymologie possible associe les racines grecques « ortho » et « paiden » [je marche] ce qui assigne pour but premier à l’orthopédie d’aider à « marcher droit ». L’orthopédie s’adressa donc d’abord aux enfants [paidos], surtout les jeunes filles plus sujettes aux scolioses idiopathiques et à ceux qui ne marchaient [paiden] pas droit. Les chirurgiens opéraient et les techniciens [orthopédistes] fabriquaient des prothèses ou des orthèses. Ensuite, les chirurgiens ont opéré, non seulement pour « remettre droit », mais aussi pour remplacer des articulations déficientes [prothèse de hanche, par exemple]. Les podologues [ou les podiatristes, ou…] plaçaient [et placent toujours] des semelles orthopédiques pour redresser les pieds et des commerçants se sont spécialisés dans le conseil et la vente de matériel d’aide [rollator, chevillère, cannes…].

Enfin, la Médecine Orthopédique Générale [le docteur Cyriax en fut le père et fut aussi le premier à démystifier l’ostéopathie tout en conservant l’une ou l’autre de ses techniques efficaces] n’est enseignée ni aux médecins ni aux kinésithérapeutes [on peut même dire, en forçant le trait, que la kinésithérapie orthopédique dans le monde francophone n’existe pas pour la bonne raison qu’il n’existe aucun examen clinique standardisé ni aucun traitement de référence admis].

Quelles solutions pour vous qui souffrez [et qui avez peut-être déjà consulté des ostéopathes, par exemple] ?

Chercher un médecin généraliste intéressé par la Médecine Orthopédique Générale, qui devrait constituer la personne référente et la tour de contrôle de la prise en charge de vos douleurs. Ce médecin devrait avoir une formation de base en « Médecine Orthopédique Générale » afin de vous entendre [après vous avoir cru] et de vous tester. Il devrait poser des hypothèses et commencer à les tester lui-même [anti-inflammatoire, infiltration diagnostique, imagerie ciblée [radios, échographie, scanner]].

Bref, votre médecin devrait, par essais et erreurs obtenir un diagnostic et, après avoir bien cerné votre problème, il pourrait avoir besoin d’aide et vous envoyer :
– chez un chirurgien afin d’évaluer ses soupçons : votre pathologie pourrait être soignée [guérie] par la chirurgie [prothèse de hanche, ménisque…]
– chez un kinésithérapeute spécialisé en Médecine Orthopédique Générale. Celui-ci devrait trouver la meilleure stratégie pour vous aider ET dialoguer avec votre médecin.
– chez un podologue [podiatriste] s’il estime que vos douleurs de pieds nécessitent l’utilisation de semelles « orthopédiques »
– chez un rhumatologue s’il estime que vos douleurs correspondent plus à un trouble rhumatologique qu’à un trouble orthopédique [ex. : la polyarthrite rhumatoïde]
– chez un vendeur de « matériel orthopédique ». Ex. Une attelle de contention de cheville après une entorse afin de vous permettre de marcher [premier médicament des entorses bénignes] et d’éviter les rechutes.

On ne dit pas :
« Je vais chez l’« onco » (oncologue), le « cardio » (cardiologue), le « pneumo » (logue) » ; surtout si on fume…
Mais on dit qu’on va chez le « chiro », « l’ostéo », le « kinésio ». Allo, bobo !!!

La médecine moderne sauve des milliers de vies tous les ans ! Mais elle fait aussi très peur…
Que pourrait-elle me trouver ?
Au secours, maman… J’ai peur !

Je devrais peut-être me trouver un coach, tout le monde le fait… Il saura sûrement mieux que moi ce qu’il me faut. Comme le kinésio qui peut, en interrogeant mes muscles, déduire ce que je dois manger, qui je peux fréquenter, quelles décisions je dois prendre et me trouver les aliments (ou compléments alimentaires) qui me protègeront de la mort elle-même !!!

Allo, ostéo (chiro, kinésio). Bobo !
Pour écouter, cliquez ci-dessous…

Capture d’écran 2013-10-18 à 16.48.19Vous pouvez bien sûr m’interpeller… Je répondrai à chacun, toujours !!!

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3 commentaires sur “Orthopédie -ostéopathie…

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