Auto-guérison, auto-régulation?

Les ostéopathes, ainsi que d’autres « thérapeutes », ont conservé la nostalgie d’une « bonne nature » dispensatrice des remèdes et continuent à apprécier la poésie liée à la croyance que l’homme possède les moyens internes de se guérir lui-même.
« Rousseauisme » ? À chacun d’en juger !!!
Les quelques exemples qui suivent pourraient (devraient ?) ouvrir une brèche dans cette « idée » de l’homme sur lui-même :
Soigne-t-on (ou a-t-on soigné) ?
-la tuberculose
-la lèpre
-le cancer
-l’arthrite rhumatoïde
-la syphilis
-les épidémies de grippes (qui firent -pas plus tard qu’en 1957- des millions de morts)
En faisant appel à ces « fameux » mécanismes naturels d’auto-guérison ou d’auto-régulation ?

3 commentaires sur “Auto-guérison, auto-régulation?

  1. cyril dit :

    Monsieur,
    Les ostéopathes ne prétendent pas soigner des maladies telles que le cancer ou la tuberculose. Votre article est partial. Je lisais avec beaucoup d’intérêt vos articles sur les dysfonctions cervicales et les diagnostics de dysfonctions capsulaires de l’articulation gleno-humérale et en lisant cet article sur l’ostéopathie, vous m’avez déçu. Pourquoi est-ce que tous mes enseignants sont à la fois kiné (initialement) et ostéopathes (à la suite) si l’ostéopathie se résume à un concept lyrique? Et pourquoi ai-je eu des résultats très satisfaisants avec un ostéopathe pour des dysfonctions thoraciques (et ce n’était pas un effet placebo, loin s’en faut!).

    Cyril

    • orthopedie dit :

      Monsieur,
      Votre question est au centre de la difficulté d’une partie des kinés à trouver leur identité. Tout a commencé dans les années 70 quand quelques lucides, intrépides (conscients de l’inefficacité du « massage » et de la chaleur) partirent en Angleterre découvrir les ostéopathes (il y eut, parmi les premiers, Pierre Corriat et Pierre Delaunoy). Ils revinrent avec des techniques qui purent aider des patients qui, sans elles, auraient souffert longtemps encore. À cette époque les manipulations étaient ILLÉGALES. Ces quelques pionniers eurent beaucoup de succès et la SBO se créa et se développa très rapidement. Début des années 80 (époque de mes propres études d’ostéopathie à Maidstone), fut créé un partenariat avec la Faculté de Médecine de Paris-Nord. Le doyen (Cornillaud) voulait développer un « Doctorat universitaire en médecine naturelle ». Les cours devinrent très poussés dans toutes les branches de la médecine et la SBO rêva de faire reconnaître l’ostéopathie comme une médecine générale. C’est la raison pour laquelle elle déposa le titre de DO (pour ressembler aux Américains).
      La « philosophie » de l’ostéopathie ne fut jamais remise en question et vous en trouverez des traces dans toutes les « définitions » de l’ostéopathie des différentes sociétés ou autre « Académie » d’ostéopathie belges. Mais il faut savoir (j’ai été au « College of ostéopatic médicine » de Portland) que Still et ses explications sont, désormais, bien rangées dans un petit musée non loin d’un joli petit lac de Portland. Il ne reste de l’ostéopathie aux USA que le nom et l’application de certaines techniques en orthopédie. L’ULB a lancé une formation incluant l’ostéopathie, mais -tout en conservant la fidélité au discours ostéopathique – la formation s’oriente vers de l’orthopédie pure. Il y a un deuil à faire : celle d’un beau concept (mais, comme disait le philosophe, ce n’est pas parce qu’une idée est belle qu’elle est vraie »). Ce deuil est d’autant plus difficile à faire que les patients adhèrent aux anciens fantasmes autant que certains qui s’enfoncent et disent faire de « l’ostéopathie énergétique ou crânienne ». Tout ce que je viens d’écrire est partiel, car l’histoire est bien plus complexe. Je pense que vous avez des ostéopathes comme enseignants parce qu’ils ont suivi le même chemin que moi et que tant d’autres. Mais, voyez-vous, ce qui est dommage c’est que tout le travail de démystification et de rationalisation de l’ostéopathie avait été fait bien avant les années 70. Ce fut l’œuvre de toute la vie du docteur Cyriax. Entrer dans les détails de la révolution copernicienne qu’il opéra prendrait un temps fou, mais je peux vous assurer que notre métier se trouve là. Il est moins poétique que l’ostéopathie, il est très contraignant, il nous oblige souvent à ne pas prendre en charge les patients manuellement. Mais ce métier est juste et au fait des meilleures connaissances scientifiques actuelles. De plus, il fait la part belle aux manipulations (que Cyriax a découvert chez les ostéopathes). Cependant en « Médecine Orthopédique Générale », on manipule moins, de façon plus sûre (Cyriax a sécurisé beaucoup de techniques ostéopathiques), on sait pourquoi on manipule (ou pourquoi on ne manipule pas). Cela étant dit, je ne renie rien, car j’ai eu la chance insigne de voir les vieux ostéopathes anglais et je sais ce que c’est que la « patte ostéopathique ». Voilà en quelques mots. Si vous voulez, nous pourrions nous rencontrer pour causer un peu de tout cela autour de ma table de travail avec un bon petit café. Cordialement. Yves

    • orthopedie dit :

      Encore une petite chose : dans « Auto-régulation, auto-guérison », j’ai pris quelques exemples de maladies actuelles afin d’interpeller ceux qui croient encore soigner autre chose que des troubles orthopédiques. En effet, il ne faut pas oublier que l’expérience fondatrice de Still est une « guérison » d’un cas de dysenterie et celle de Palmer une « guérison » d’une surdité (tout cela au XIX ° siècle : avant Claude Bernard). Ceux qui croient encore aux pouvoirs magiques des manipulations sont plus nombreux que vous ne l’imaginez et font du tort à ceux qui essaient de faire leur métier consciencieusement. Il m’est arrivé plusieurs fois (grâce à la première question de l’examen clinique de Cyriax) de soupçonner une pathologie grave, d’orienter les patients et de n’avoir de confirmation de mes soupçons que quelques mois ou quelques années plus tard. Peu de ces patients en furent reconnaissants, car ils n’ont pas l’impression que j’ai « fait » quelque chose. Ma démarche n’avait rien laissé paraître de mon travail intellectuel. Il n’avait pas été très « impressionnant ». Je n’ai pas l’impression que notre métier évolue bien, car il impose de rester dans la suspension du jugement alors que le patient moyen attend qu’on lui affirme que l’on sait. Je fais le vœu que nos confrères resserrent les rangs pour défendre leurs hautes compétences et osent réfuter les techniques séductrices. Mais tout cela est aussi une question de culture. Plus de « Médecine Orthopédique » dans les pays scandinaves, la Hollande, la Flandre, l’Allemagne, l’Angleterre. Plus d’ostéopathie en France, Italie ou Suisse romande (au contraire de la Suisse alémanique, j’ai été dans les deux régions).

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