Douleurs de l’enfant (sportif)

Article réalisé par le Dr. MARECHAL, Institut Ernest Malvoz, Service Santé et Environnement de la Province de Liège – Département Médecine du Sport +32 (0)4 344 79 10

Peu de personnes mettent en doute le bienfait de la pratique du sport dès le jeune âge.

Cette pratique contribue au développement des différents systèmes notamment le système locomoteur et le système de soutien représenté par le squelette, les muscles, les tendons et les ligaments.
La pratique du sport contribue également à améliorer la défense de l’organisme contre les affections et développe également le sens des responsabilités, l’esprit de solidarité, la notion de fair-play et contribue à l’idée de respect de l’adversaire.

Ces notions constituent l’aspect positif de la pratique du sport.

Il existe cependant un aspect négatif qui est représenté par les blessures liées à la pratique sportive.
En effet l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des entraînements, la multiplication des rencontres, compétitions et tournois, l’exigence des entraîneurs et des dirigeants ont amené une augmentation de la sollicitation physique déjà chez le jeune enfant contribuant ainsi à accroître le nombre de blessures essentiellement des blessures de surcharge.

Sous le terme d’ostéodystrophie ont décrit de nombreuses affections de croissance de l’enfant et de l’adolescent. Prédominantes aux membres inférieurs elles touchent aussi les membres supérieurs et le rachis.

Au cours de la croissance, la structure osseuse de l’enfant et de l’adolescent subit de continuels remaniements et des troubles de l’ossification peuvent survenir souvent provoqués ou accentués par la pratique sportive intensive.

L’activité physique intense entraîne une hyper-sollicitation des points d’ossification secondaire avec irritation et modification de structure des zones cartilagineuses en voie de maturation.

Au niveau des membres inférieurs, les deux exemples classiques sont

-la maladie de Osgood-Schlatter ou apophysite antérieure du tibia et

-la maladie de Sever ou apophysite postérieure du calcanéum.

Les différentes ostéodystrophies ou ostéochondroses du membre inférieur sont :

– l’ostéochondrose tibiale d’Osgood-Schlatter

– la maladie de Sinding-Larsen

– l’ostéochondrose du pied ou maladie de Sever

– la maladie de Freiberg

-maladie de Kohler-Mouchet.

Ostéochondrose tibiale d’Osgood-Schlatter

C’est la plus fréquente des ostéochondroses. Elle affecte le ou les genoux de l’enfant sportif plus souvent de sexe masculin (12-14 ans) que féminin (9-13 ans).
L’origine mécanique par micro-avultion de la partie cartilagineuse antérieure du noyau d’ossification de la tubérosité tibio-antérieure n’est aujourd’hui plus discutée.
La clinique est très évocatrice : douleur mécanique, test de mise en tension du quadriceps, palpation locale douloureuse.
La radiographie a pour but principal d’éliminer les rares diagnostics différentiels.
L’évolution est caractéristique avec une phase aiguë ou le symptôme associant tuméfaction, œdème, douleur persiste pendant plusieurs semaines avec des périodes de rémission plus ou moins complètes et de récurrence à l’occasion de l’activité physique ou de microtraumatismes surajoutés.
Toute sollicitation mécanique excessive réveille la réponse inflammatoire et douloureuse. Suit une phase de tuméfaction avec des images anormales apparaissant à la radiographie puis une phase évoluant vers l’ossification des noyaux.
La résolution spontanée survient dans la plupart des cas avec disparition définitive de la symptomatologie. Une hypertrophie de la tubérosité tibiale peut persister et alors représenter un préjudice esthétique voire une gêne dans certaines activités.
Le traitement doit comporter l’éviction des sports à risques comme le football ou les sports comportant des impulsions brutales (gymnastique). On associe volontiers une contention circulaire placée entre la pointe de la rotule et la tubérosité tibiale. Si le résultat n’est pas obtenu en 2 mois, l’immobilisation du membre inférieur en extension est logique. Il n’y a aucun signe de raideur secondaire et le sport peut être repris une fois récupéré la souplesse de l’appareil extenseur.
Il faut proscrire des injections locales de corticoïdes et toute chirurgie agressive.

Maladie de Sinding-Larsen

.Elle affecte la zone apicale de la rotule. Les douleurs sont vives lors des sauts, des impulsions et très précisément localisées à la pointe de la rotule. On observe également une amyotrophie quadricipitale.

Maladie de Sever

 Elle est encore appelée apophysite du calcanéum et traduit l’atteinte du noyau d’ossification du calcanéum.
La maladie de Sever apparaît liée aux microtraumatismes répétés induits par de nombreuses activités sportives. L’existence de troubles statiques est parfois mise en cause.
Les symptômes évocateurs apparaissent chez un garçon plus souvent qu’une fille entre 7 et 15 ans, hyperactif et se plaignant d’une talalgie uni- ou bilatérale. La douleur est apparue sans cause déclenchente reconnue ou à l’occasion d’une activité sportive particulièrement intense. Elle s’atténue au repos.
A l’examen on peut noter différentes anomalies notamment une brièveté du tendon d’Achille ou un creusement de l’assise plantaire.
Le diagnostic est affirmé par la palpation douloureuse localisée à la partie postéro-inférieure du calcanéum.
Le bilan radiologique ne doit pas servir à établir un diagnostic mais à mettre en évidence un éventuel diagnostic différentiel : « fracture de fatigue, ostéïte ou talonnade » .

Le traitement est simple avec arrêt temporaire des activités physiques et sportives et utilisation d’une talonnette de décharge.

Enfin, d’autres ostéochondroses telle la maladie de Freiberg touchant les jeunes filles plus âgées et altérant la tête métatarsienne (2ème ou 3ème) ou encore la maladie de Kohler-Mouchet qui est en fait une nécrose du scaphoïde du tarse.
Enfin n’oublions pas la maladie de Scheueurmann qui se révèle par des douleurs dorsales ou dorso-lombaires apparaissant au cours ou au décours d’un effort ou à l’occasion d’une station debout prolongée.
Si ces différents traumatismes liés essentiellement à une pratique sportive intensive se révèlent fréquemment, il convient de banaliser leur gravité. L’observance d’un traitement bien conduit, de repos ou d’exclusion de facteurs favorisant représente l’essentiel et permet dans la plupart des cas une reprise complète et sans restriction des activités sportives antérieures.

11 commentaires sur “Douleurs de l’enfant (sportif)

  1. Geneviève dit :

    Ma fille de 8ans souffre de la maladie de sever et le quotidien est pénible béquilles chaise roulante.et maintenant le morale ne va plus je sais plus quoi faire pour elles

  2. Laurent dit :

    Bonsoir mon fils pratique du foot et basket il a 10 ans depuis plusieurs mois il rentre du sport en se plaignant d’une douleur au talon .Il a passé une radio pour ecarter la maladie de sever mais on ne m’a rien dit vraiment sur ce qu’il avait il souffre toujours de cette douleur au talon que dois je faire n’est ce pas la maladie de sever ?

    • ramos dit :

      pas grave,peut être,ma petite fille a eu la maladie de sever et en souffre encore depuis 6 mois ,mais ça s’amméliore,béquilles ,chaise roulante,platre,et en plus ça agit beaucoup sur le moral,a 9 ans c’est comprehensible,ne peut plus jouer avec les copines les jeux de son âge,,mais ne pas dire que ce n’est pas grave s.v.p,il faut le subir aussi bien pour l’enfant que pour les parents et les grands parents

      • Normalement, le repos sportif + vélo + natation + patience devraient suffire.
        Plâtre et chaise roulante = incompréhensible s’il s’agit bien d’une maladie de Sever.

        Cordialement

        Yves

        • ramos dit :

          elle ne pouvait pas mettre le pied par terre,les mains abimées par les béquilles,la chaise la reposait un peu,elle ne pouvait pas mettre de chaussure au pied ou elle avait mal,depuis qu’on lui a retiré le plâtre,ça va mieux mais le mollet a fondu ,il faut qu’elle reprenne des forces,avec tout les examens qu’elle a passé et selon les médecins c’est bien la maladie de sever

      • Geneviève Penoy dit :

        Merci de votre commentaire notre fille de 8ans souffre de la maladie de sever et elle le vie très mal entre la chaise roulante les béquilles je vous dis pas j en ai marre des réflexions pas grave s arrête à la puberté.en attendent.fini les jeux de son âge…😭😭😭

    • Bonjour,
      Avec ce que vous dites, on peut raisonnablement penser à une maladie de Sever. La radio devrait montrer le problème. Si la radio ne le montre pas, je pense qu’il faut se comporter comme s’il l’avait et refaire des radios dans un mois (si la radio ne montre rien aujourd’hui).
      Relisez l’article : le SEUL traitement = le repos sportif (les sports à impacts : basket, course, foot, squash…). Pas de problème avec le vélo ou la natation.
      Cordialement

      Yves

  3. ramos dit :

    ma petite fille de 8 ans a la maladie de sever,a un pied ,elle marche avec des béquilles depuis 1 mois et commence a déprimer,elle ne peut pas mettre du tout le pied par terre,que faire pour la soulager ,elle souffre,ça va durer encore combien de temps……

  4. Marie-Christine Houle dit :

    Bonjour.
    Mon fils de 15 ans a déjà eu un diagnostic de la maladie de Sinding-Larsen
 il y a quelques années et la présence d’un os naviculaire accessoire il y a un an. Il porte des orthèses, vérifiées chaque 6 mois, ses souliers sont adéquats.
    Il est très sportif.
    Ces pieds sont très  »osseux »….pleins de bosses….mais maintenant il se plaint que ses 2 bosses à l’arrière de ses pieds l’incommodent…j’aimerais bien que ce soit simplement la maladie de Sever que le repos pourrait aider…mais je lisais aussi l’article sur la maladie de Haglund.
    Est-ce que l’on devrait faire des démarches pour évaluer le tout ou simplement le repos puisque tout semble lié aux sports ?

    Merci !

    • orthopedie dit :

      maladie de Sinding-Larsen : pas grave :
      Le repos sportif de deux mois puis reprise si la douleur a disparu
      Glaçage
      Massage léger avec un gel type Arnica
      Petite genouillère de type rotulienne
      Surtout être patient et attendre que tout rentre dans l’ordre

      2 bosses à l’arrière de ses pieds l’incommodent… j’aimerais bien que ce soit simplement la maladie de Sever : peu de chance, mais à vérifier par radios (éventuellement : scintigraphie)
      la maladie de Haglund : possible : radio et calcul de l’angle de Fowler et Philipp
      Est-ce que l’on devrait faire des démarches pour évaluer le tout ou simplement le repos puisque tout semble lié aux sports ? Il faut évaluer chaque suspicion séparément et agir en conséquence. Mais effectivement il est à un âge où l’on peut souffrir de troubles de croissance (souvent sans conséquence pour la suite si les diagnostics sont posés et que les bonnes mesures sont prises)
      Yves

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